Cerner les défis et les possibilités pour le Canada
Le comité d’experts sur la réglementation des organismes à génome modifié dans la lutte antiparasitaire
Les progrès réalisés dans les outils et les méthodes d’édition génomique ont amélioré l’efficacité du processus de modification du génome d’un organisme, ouvrant la voie à une variété de possibilités d’applications. Une de ces applications est la lutte antiparasitaire. La modification du génome d’organismes, qui sont ensuite introduits dans les populations sauvages, permet aujourd’hui de s’attaquer aux maladies véhiculées par les insectes et aux espèces envahissantes, ou de lutter contre la résistance des parasites aux insecticides. Mais on connaît encore mal l’ensemble des conséquences de l’utilisation de ces méthodes.
Au Canada, les produits de lutte antiparasitaire sont réglementés en vertu de la Loi sur les produits antiparasitaires et les exigences d’approbation sont bien établies. Cependant, la possibilité d’utiliser des organismes à génome modifié (p. ex. les vecteurs moustiques ou les parasites agricoles) dans les solutions de lutte contre les parasites pose des défis et un questionnement scientifique, éthique et réglementaire uniques.
Une connaissance étendue des procédés actuels et futurs, et des nouveaux risques associés à ces méthodes de lutte antiparasitaire, pourraient fournir une indication de leur innocuité et de leurs avantages potentiels, et guider l’élaboration de politiques et d’une réglementation pertinentes à leur sujet. Cerner les défis et les possibilités pour le Canada dresse un aperçu de l’usage possible des procédés génétiques de lutte antiparasitaire et explique comment les risques qu’ils comportent peuvent influencer leur développement, leur introduction et leur surveillance responsables.
Les procédés d’édition génomique offrent de nouveaux moyens de modifier le génome des organismes nuisibles, ce qui pourrait permettre d’atténuer l’impact de ces organismes sur la santé publique, la conservation et l’agriculture. Leur utilisation s’accompagne toutefois d’incertitudes quant aux répercussions possibles sur les espèces et les écosystèmes, ainsi qu’aux risques socioéconomiques et culturels au sens large. Bien que ces procédés fassent l’objet de nombreuses recherches en conditions d’essai contrôlées, les décideurs devront répondre à de multiples inconnues concernant l’efficacité de ces outils, leur innocuité et leur adéquation avant que ces derniers puissent être introduits dans le cadre de la lutte antiparasitaire. Pour cela, le Canada devra tirer parti de son expertise en recherche et développement et dans la société plus généralement. Les cadres réglementaires actuels et leurs processus d’évaluation des risques devront être adaptés afin de répondre aux défis scientifiques et sociaux posés par les outils d’édition génomique. Le Canada devra également déterminer comment son approche réglementaire s’harmonisera avec celle des autres pays.
Le comité d’experts sur la réglementation des organismes à génome modifié dans la lutte antiparasitaire