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Malgré les dépenses considérables du Canada ainsi que son importante capacité et expertise, la recherche ne se traduit pas toujours par des retombées durables pour le public. Cette tension était au cœur d’un récent atelier d’experts organisé par le CAC à la demande du Réseau d’observation, de prédiction, et de réponse en environnement marin (MEOPAR).
Le constat de départ était simple, mais lourd de conséquences : une science solide ne mène pas automatiquement à des résultats solides. Plutôt que de revenir sur les enjeux liés aux océans que le Canada devrait explorer, l’atelier s’est penché sur les facteurs qui permettent à la recherche d’éclairer les décisions – dans le domaine des politiques publiques, dans les collectivités, au sein de l’industrie et en matière de gestion environnementale – ainsi que sur les raisons pour lesquelles ces mécanismes ne fonctionnent pas toujours.
L’atelier était structuré autour de quatre thèmes principaux : les expériences où la recherche océanique a généré des retombées concrètes, et celles où ce n’a pas été le cas; les obstacles récurrents qui limitent les retombées positives; les stratégies et conditions favorables permettant d’accroître l’efficacité des retombées; et les forces émergentes – de la géopolitique aux technologies numériques – qui transforment le contexte dans lequel les sciences océaniques produisent des retombées économiques, sociales ou environnementales.
Les personnes participantes ont apporté des perspectives diversifiées provenant de partout au pays ainsi que de différents secteurs, notamment la recherche universitaire, tous les ordres de gouvernement, l’industrie et la société civile. Les discussions ont porté sur la manière dont les retombées de la recherche peuvent être générées – ou au contraire limitées – par les systèmes en place : les dispositifs de gouvernance, les incitatifs, la coordination entre les territoires de compétence, les flux de données et de connaissances, ainsi que les relations à long terme avec les détenteurs de droits et les utilisateurs finaux.
Ce travail intervient à un moment stratégique. À l’heure où les dynamiques géopolitiques, les pressions climatiques et l’accès à l’Arctique recentrent l’attention mondiale sur les océans, le Canada a une occasion unique de renforcer son rôle de nation océanique de premier plan, à condition toutefois que son système de recherche soit mieux adapté pour soutenir les décideuses et décideurs. Le leadership en sciences océaniques ne se définit plus uniquement par la découverte, mais aussi par la capacité à aligner la recherche sur les priorités publiques, à assurer la coordination entre les territoires de compétence, et à mobiliser les connaissances pour appuyer les décisions avec rapidité et à grande échelle. Clarifier la manière dont les retombées sont générées – et les limites actuelles du système – est donc essentiel pour permettre au Canada de concrétiser ses ambitions sur son territoire et d’exercer une influence crédible à l’international.
Un rapport rédigé par le CAC et synthétisant ces discussions sera publié en juin.

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C’est avec une profonde tristesse que l’équipe du CCA apprend du décès de Juliet Daniel. Nous avons eu le privilège de travailler en étroite collaboration avec elle en tant que membre du groupe d’experts sur l’EDI dans le système de recherche postsecondaire, et sa perte est profondément ressentie par tous ceux qui ont eu l’honneur de collaborer avec elle.
Juliet Daniel a apporté sa franchise et son énergie au comité sur l’EDI, et s’est exprimée avec force sur l’importance et la nécessité de pratiques équitables et inclusives dans le système de recherche postsecondaire », a déclaré Anita Melnyk, Directrice, santé et science de la vie au CAC. « C’était une collaboratrice inspirante qui a généreusement partagé non seulement ses connaissances, mais aussi ses expériences, afin de militer pour un avenir meilleur pour tous. »
Mme Daniel a fourni des contributions d’une profondeur exceptionnelle aux travaux du comité, avec une autorité basée sur son expérience personnelle. Biologiste du cancer émérite, cofondatrice du Réseau canadien des scientifiques noirs et femme noire ayant gravi les échelons les plus élevés du milieu universitaire canadien, elle comprenait les inégalités du système de recherche de l’intérieur : elle les avait vécues, combattues et avait consacré sa carrière à les démanteler.
Ses contributions au comité ont été inestimables. Elle s’est efforcée d’assurer que le rapport mette en évidence les conséquences réelles des obstacles systémiques pour les chercheurs issus de groupes sous-représentés, en s’appuyant sur des preuves rigoureuses, notamment sur des expériences vécues.
Le CCA lui est profondément reconnaissante pour son engagement envers ce rapport et pour les principes qu’elle a défendus. Son influence perdurera grâce aux nombreuses portes qu’elle a ouvertes.
« Juliet Daniel était une scientifique accomplie, une mentor pour les étudiants et les collègues de tout le pays, et une amie très chère », a déclaré Maydianne Andrade, présidente du Comité consultatif scientifique du CAC, doyenne de la Faculté des sciences de l’Université York et cofondatrice du Réseau canadien des scientifiques noirs. « Son mentorat a changé des vies et son travail a transformé les systèmes. Elle était une source d’inspiration et elle nous manquera profondément. »