Sommaire
L’infrastructure de recherche à l’échelle nationale du Canada — installations de grande envergure, plateformes, réseaux, systèmes numériques et personnes qui les exploitent — est essentielle à la découverte scientifique et à l’innovation et permet d’attirer et de former les spécialistes. Si cette infrastructure jouit d’une bonne réputation à l’étranger et produit une recherche de grande qualité, sa gouvernance, sa planification et son financement fragmentés limitent son efficacité.
Améliorer l’infrastructure de recherche à l’échelle nationale du Canada explore la façon dont le Canada peut optimiser son infrastructure de recherche pour répondre aux besoins actuels et futurs. Aborder le problème de façon plus coordonnée aidera le Canada à maximiser son impact, à établir une capacité à long terme et à lutter dans un monde reposant de plus en plus sur le savoir.
La question
Comment le Canada peut-il optimiser son infrastructure de recherche nationale, dont les installations à grande échelle, les plateformes numériques et les réseaux collaboratifs, pour bien répondre aux besoins actuels et futurs?
Commanditaire
Innovation, Sciences et Développement économique Canada
Ministères et organismes de soutien : Services publics et Approvisionnement Canada, Conseil national de recherches Canada, Fondation canadienne pour l’innovation et Services partagés Canada
Ce projet a été soutenu par le gouvernement du Canada, par l'intermédiaire du Fonds stratégique des sciences.
Principales constatations
Une approche sur mesure, enracinée dans les forces du Canada, permettrait à l’écosystème de l’infrastructure de recherche à l’échelle nationale de répondre aux défis pressants du Canada et de saisir les occasions, d’appuyer la collaboration internationale et d’entretenir la capacité à long terme et la résilience du pays.
- Le Canada n’a pas de cadre stratégique national pour son infrastructure de recherche à l’échelle nationale. Contrairement à de nombreux pays comparables, le Canada ne suit pas une approche de portefeuille reposant sur des priorités scientifiques et technologiques, des états des lieux et des feuilles de route. Cela complique la contribution canadienne à l’infrastructure de recherche internationale et crée des obstacles à la contribution étrangère aux installations et aux réseaux canadiens.
- Une approche de portefeuille de la gouvernance au niveau du système pourrait aider le Canada à gérer son infrastructure de recherche à l’échelle nationale comme un ensemble d’actifs stratégiques répondant aux priorités nationales. La gouvernance au niveau du système est fragmentée entre des acteurs liés de manière lâche, sans mécanisme de coordination clair (p. ex. une organisation-cadre). Le Canada ne dispose pas non plus d’un mécanisme de coordination ou d’une fonction qui le représente et oriente sa participation aux collaborations de recherche internationales, ce qui lui fait perdre des occasions de partenariats et d’investissements internationaux.
- Le paysage du financement de l’infrastructure de recherche à l’échelle nationale du Canada est fragmenté. L’écosystème de cette infrastructure est soutenu par une variété d’institutions et de mécanismes de financement établis, qui investissent de façon substantielle et assurent la résilience du système. Cependant, il n’y a pas de cohérence entre les flux de financement des immobilisations, du fonctionnement, de l’accès, de l’adaptation et du déclassement. Il n’y a pas non plus de mécanisme dédié à l’accès à infrastructure de recherche internationale.
- L’infrastructure de recherche numérique a un rôle fondamental. L’infrastructure de recherche numérique (IRN) mène, éclaire et façonne aujourd’hui la recherche en fournissant la connectivité, les ressources informatiques, les logiciels de recherche, les plateformes et la gestion des données. Malgré les récentes mesures incitatives mises en place, l’IRN à l’échelle nationale du Canada se heurte à des difficultés qui limitent la capacité du pays à effectuer rapidement de la recherche et à répondre à la demande croissante. Parmi les problèmes les plus urgents se trouve le fait que l’on continue à financer l’IRN comme si elle consistait en des projets discrets.
- L’optimisation de l’infrastructure de recherche inclut l’établissement d’un cadre d’impact au niveau du système. Un cadre cohérent pourrait aider le Canada à évaluer de manière plus cohérente l’infrastructure de recherche à l’échelle nationale et permettrait la prise de décisions à partir de données probantes sur tout le cycle de vie des actifs. Bien comprendre l’impact permettra également de saisir les effets scientifiques, sociaux, économiques et écosystémiques et sur les politiques publiques, l’innovation et la formation.
- Autres aspects cruciaux de l’infrastructure de recherche à l’échelle nationale :
- Spécialistes. L’optimisation de l’infrastructure de recherche à l’échelle nationale implique le soutien des personnes qui la conçoivent, la gèrent et l’exploitent;Souveraineté. Les objectifs de souveraineté du Canada pourraient être intégrés à la planification et au financement;
- Science ouverte. La science ouverte permet d’optimiser l’infrastructure de recherche en rendant les installations, les données et les outils largement accessibles et réutilisables;
- Infrastructure de recherche nordique. L’optimisation de l’infrastructure de recherche nordique offre une excellente occasion d’affermir le leadership du Canada dans la recherche arctique, océanique et climatique, tout en s’attaquant aux défis touchant la géopolitique, les répercussions climatiques, l’ampleur des coûts logistiques et la coordination fragmentée;
- Recherche en français. La capacité de recherche bilingue du Canada est un levier stratégique pour l’optimisation de l’infrastructure de recherche à l’échelle nationale, car elle améliore la visibilité, renforce les communautés francophones et accroît la participation internationale par la diplomatie scientifique.