Blog

Expert en vedette : Claude Lajeunesse, MACG

Claude Lajeunesse est un membre du conseil d’administration d’Énergie atomique du Canada limitée. M. Lajeunesse, originaire de la ville de Québec, a fait partie du comité d’experts  sur l’état de la R-D industrielle et a été président et chef de la direction de l’Association des industries aérospatiales du Canada, à laquelle il s’est joint en 2008, au terme de son mandat à titre de recteur de l’Université Concordia, à Montréal. Auparavant, il a été pendant 10 ans président de l’Université Ryerson, à Toronto, où il a contribué à augmenter de façon importante le nombre d’inscriptions et à développer considérablement les programmes de formation et de recherche, et où il a piloté le renouvellement des installations du campus. Il a aussi été président et chef de la direction de l’Association des universités et collèges du Canada (AUCC).

Le CAC est heureux d’avoir eu l’honneur de vous avoir comme membre du comité d’experts chargé de l’évaluation sur l’état de la R-D industrielle. Pourriez-vous nous raconter comment vous en être venu à assumer ce rôle et à collaborer avec le CAC?C’est avec joie que j’ai accepté l’invitation du Conseil des académies canadiennes de me joindre au comité d’experts sur l’état de la R-D industrielle, parce que je crois profondément en l’importance du rôle que la R-D a joué et – de manière tout aussi importante – doit continuer de jouer dans le cycle de l’innovation et de la commercialisation. En combinaison avec une productivité accrue, l’amélioration de la R‑D industrielle engendrera une économie plus vigoureuse et s’accompagnera d’emplois plus nombreux et meilleurs pour la population canadienne. Le CAC a réuni un groupe d’experts canadiens et étrangers réputés dont les connaissances et l’expérience garantissaient que le rapport constituerait une analyse rigoureuse de la question, basée sur les données les meilleures et les plus crédibles que nous eussions à notre disposition. J’estimais également qu’une évaluation sur [L’état de la R-Di au Canada] arrivait à point nommé, puisque le gouvernement s’était engagé à améliorer la qualité et la compétitivité de notre industrie. Dans ces circonstances, je me suis senti honoré de me joindre au comité d’experts.Quelle est, selon vous, l’utilité des évaluations fondées sur des données probantes?

Dans le monde actuel, où l’accès à des informations précises, crédibles et vérifiées se confond souvent à l’accès à des informations de quelconque qualité, il est crucial de souligner la nécessité de s’appuyer sur des données probantes lorsque nous élaborons des politiques et des programmes afin de répondre aux besoins des Canadiens. Il demeure préoccupant de constater que même les étudiants des universités et des collèges très souvent ne maîtrisent pas les outils servant à valider les informations qu’ils obtiennent sur Internet. Comme plusieurs de ces étudiants seront un jour des décideurs politiques, des fonctionnaires et des hommes et des femmes politiques, le CAC est extrêmement utile pour leur rappeler l’importance de fonder leurs politiques et leurs programmes sur des données probantes établies de manière rigoureuse.

Ayant passé plusieurs années dans le milieu universitaire à titre de recteur des universités Concordia et Ryerson, quel rôle, selon vous, doivent jouer les universités et les collèges dans la promotion de l’innovation au Canada?

Les universités et les collèges jouent un rôle crucial dans la promotion de l’innovation en éduquant et en formant les étudiants. Le processus menant de la science à la R-D, puis à l’innovation étant ce qu’il est, j’ai eu la chance à Concordia et à Ryerson d’être un témoin privilégié du rôle que jouent les enseignants dans le développement de la capacité des étudiants à apprendre et à appliquer leurs connaissances à l’innovation. Les étudiants qui ont reçu une éducation rigoureuse et qui ont fréquenté des enseignants remarquables peuvent ensuite transmettre leurs connaissances et leur capacité d’innovation à leurs nouveaux collègues dans l’industrie.

Votre feuille de route, tant dans le milieu universitaire que dans l’industrie aérospatiale, est impressionnante. Quels attraits ont eus pour vous ces domaines apparemment si différents? Pourriez-vous nous faire part de quelques faits saillants de votre carrière?

Les universités Concordia et Ryerson ont toutes les deux réuni (et continuent de réunir) des équipes exceptionnelles d’enseignants et de chercheurs ayant une expertise internationale en génie aérospatial. Des entreprises de pointe comme Bombardier et Pratt & Whitney Canada ont investi des sommes considérables d’énergie, à l’interne et en coopération avec les universités, à promouvoir une R-D qui leur permet de concurrencer les meilleurs acteurs au monde de l’industrie aérospatiale. Elles ont développé des liens solides avec des chercheurs et des professeurs universitaires qui ont permis aux étudiants d’acquérir des connaissances pratiques tout en assimilant les connaissances théoriques prodiguées par leurs enseignants. C’est de cette façon dont je me suis familiarisé avec les atouts et le potentiel de l’industrie aérospatiale canadienne. Quand j’ai quitté l’Université Concordia et que j’ai été approché par l’Association des industries aérospatiales du Canada (AIAC), j’ai senti qu’il s’agissait pour moi d’une occasion unique de canaliser mon expérience universitaire dans le développement d’une industrie qui emploie plus de 80 000 Canadiens et qui exporte 80 % de sa production qui se chiffre à 24 milliards de dollars.

Le moment phare de ma carrière à Ryerson est la réussite de la transformation de l’Université polytechnique Ryerson en l’Université Ryerson avec, entre autres étapes marquantes, l’élaboration de programmes de cycles supérieurs de plusieurs domaines, dont le génie aérospatial. Le haut fait de ma carrière à l’AIAC est d’avoir su traduire l’engagement sincère qu’a pris le premier ministre Stephen Harper envers l’industrie aérospatiale en un engagement envers l’étude des besoins de l’industrie et l’élaboration d’orientations et de programmes appropriés. Il en est résulté l’excellent Rapport Emerson, dont les recommandations sont aujourd’hui appliquées par notre gouvernement. Je dois souligner que le Rapport Emerson démontrait clairement la nécessité de développer une R-D industrielle vigoureuse dans l’industrie aérospatiale. Ces engagements nous ramènent à ce que j’ai énoncé auparavant, c’est-à-dire que l’évaluation [L’état de la R-Di au Canada] arrivait à point nommé, alors que le gouvernement s’était engagé à identifier les meilleures occasions possibles de soutenir la création d’emplois dans l’industrie canadienne.
Restez informé des dernières nouvelles de la CAC
S'inscrire à notre liste d'envoi